J'ai toujours su que j'étais différente.
Voici comment tout a commencé — et comment je suis devenue celle que je suis.
Mon premier souvenir n'est pas celui d'une enfance ordinaire. Je me rappelle — et je sais que ça peut sembler étrange — de ma mort, puis de ma naissance.
Dans ce souvenir, je suis allongée dans un grand lit, parfaitement à ma taille. Tout est calme. Tout est apaisé. Je me sens bien, profondément bien. Je regarde le plafond, qui n'est pas si haut. Puis je ferme les yeux.
C'est mon tout premier souvenir de cette vie. Et il m'a toujours accompagnée comme une certitude silencieuse : j'étais passée par quelque chose avant d'arriver ici.
Très tôt, je me suis mise à voyager — sous forme de rêves, je crois. Des images qui arrivaient la nuit et que je retrouvais ensuite dans la réalité.
L'une d'elles m'a marquée à jamais : j'ai vu un accident dans un métro. Des corps à terre, recouverts d'un drap. Des secouristes. Des policiers. Des images que je n'aurais jamais pu inventer à cet âge, et qui pourtant étaient là, précises, réelles.
Il y avait aussi d'autres choses — des visions de ma propre tombe, que je regardais de l'extérieur, presque sereinement. Pas avec peur. Avec une forme d'étrange familiarité. Comme si la frontière entre les mondes m'avait toujours semblé plus poreuse qu'aux autres.
C'est à 13 ans, lors d'un déménagement à Toulon avec mes parents, mes frères et sœurs, que tout s'est véritablement mis en place.
Un jour, je trouve une valise posée au sol. Elle m'attire — je ne saurais pas expliquer pourquoi, mais cette attraction est puissante, instinctive. J'en sors des vêtements. Ma mère arrive, me gronde vivement. Cette valise est interdite. Elle doit partir à la benne. Elle ne veut pas que j'y touche.
La nuit qui suit, je rêve.
Ce petit garçon, je le sais aujourd'hui, c'était mon grand frère. Décédé à l'âge de 3 ans, par noyade, avant ma naissance. Il était venu me montrer ce que ma mère portait en elle — cette douleur silencieuse, ce deuil qu'elle n'avait jamais vraiment dit. Il voulait que je comprenne. Que je ne lui en veuille pas.
Ce rêve n'était pas un rêve. C'était un message d'amour — venu de l'autre côté. Et c'est ce soir-là que j'ai compris, vraiment compris, ce que j'étais.
En grandissant, les rêves prémonitoires se sont poursuivis. Des fins de vie — mon père, mon beau-père. Des naissances — une nièce cachée pendant la grossesse de ma sœur, que j'ai perçue avant que quiconque le sache. Des événements que je voyais venir, sans pouvoir toujours les empêcher.
Je n'entendais pas des voix. Mais des présences venaient parfois me rendre visite la nuit — des gens qui parlaient alors qu'il n'y avait personne autour de moi. Et je ne vais pas vous mentir : ça faisait peur. Beaucoup peur.
Malgré tout, mes guides étaient là. Je les sentais, présents et protecteurs, même dans les périodes les plus difficiles. Cette présence m'a toujours portée.
Ce don ne m'a pas seulement traversée sous forme de visions spectaculaires. Il m'a aussi guidée dans les décisions les plus concrètes de ma vie — les carrefours où l'on hésite, où l'on a peur de se tromper.
Rejoindre mon conjoint à Marseille. Avoir un troisième enfant. Acheter une maison. À chaque fois, quelque chose en moi savait. Pas toujours clairement, pas toujours facilement — mais quelque chose savait.
C'est ce chemin-là, ce chemin de confiance en soi et en l'invisible, que j'accompagne aujourd'hui dans mes consultations. Pas pour décider à votre place. Mais pour vous aider à entendre ce que vous savez déjà.
Si vous êtes ici, c'est peut-être parce que vous traversez quelque chose que vous n'arrivez pas à mettre en mots. Ou parce que vous sentez, vous aussi, que quelque chose vous dépasse — et que vous cherchez à y voir plus clair.